"Est-ce que l'espèce humaine aurait survécu si elle n'avait pas connu la peur? Et donc la prudence? Et donc la ruse?" Brigitte AUBERT, Eloge de la Phobie
~°oO Grèce, XVIII ème Siècle Oo°~
Chacun de nous a déjà entendu parler, dans les oeuvres d'Homère, de Cassandre la Prophétesse, condamnée à voir et prédire des choses auxquelles chacun n'accordait nul crédit, pour avoir refuser de se donner à un Dieu. De Cassandre, notre héroïne ne possède que le nom mais également sa grande beauté. Une chevelure de jais encadrait un visage aux traits des plus délicats et des plus avenants, certi de deux émeraudes à la teinte des prés les plus verts qui soient, qui s'assombrissaient sous la colère. Le corps élancé aux courbes délicates et enchanteresses, à la démarche souple et féline, en enchantait plus d'un.
Mais commençons par le commencement. Cassandre la Belle était la seule et unique fille d'un Seigneur grec, guerrier redouté et téméraire, une témérité qu'il avait transmise à son enfant. Bien vite, la Demoiselle s'intéresse aux Arts de la Guerre, préférant ceux-ci aux travaux d'aiguille, pour lesquels, il fallait bien l'admettre, elle n'était pas douée pour le moins du monde. Aussi dès qu'ellepouvait échapper à sa gouvernante et à sa mère, elle s'empressait de gagner l'aire d'entrainement pour observer son père et ses hommes manier les armes, s'amusant à répéter, lorsque ceux-ci avaient le dos tourner leurs gestes, et il fallait le reconnaître, déjà gamine, elle faisait preuve d'une grande habileté et d'une agilité.
C'est ainsi qu'à lâge de dix ans, son père la découvrit, une épée courte à la main entrain de répéter diverses passes d'arme. Restant en retrait, bras croisés sur son torse, son géniteur observait les gestes fluides de sa petite amazone, car vêtue de sa robe et l'arme à la main, son enfant lui faisait penser aux vaillantes guerrières. Un sourire amusé ourlait les lèvres d'Alexandre, car tel était le nom du père de la bambine, et le voilà qui vient à elle en prennant la parole, tout en s'emparant d'une épée courte.
"Et bien voilà un fort joli spectacle que tu offres là à ton vieux père ma chérie. Daignerais tu échanger quelques passes avec moi?"
Un sourire éclatant orne à ces mots le visage de la petite guerrière qui acquiesse d'un signe de tête avant de donner entière satisfaction à son paternel. A compter de ce jour, celui-ci prit alors soin d'enseigner tout son Art à sa fille qui s'avéra être une excellente élève aux dons qui devaient être bénis des Dieux et plus particulièrement d'Arès. L'Art de la Guerre, autant le dire, était diverse et complexe, ne s'arrêtant nullement au maniement des armes, il comportait également la monte et la stratégie. Fine lame, elle devint également fin stratège et cavalière émérite. N'ayant nuls autres héritiers, Alexandre savait qu'à sa mort, se serait à Cassandre que reviendrait l'ensemble de ses biens et de ses terres et que se serait alors à elle d'assurer la sécurité des habitants peuplant cellles-ci. En grandissant, la Belle n'avait pas seulement gagné en puissance mais également en beauté, et une aura de puissance féline semblait l'auréoler toute entière. Elle avait mit à terre plus d'un combattant, certain émérites, d'autres lâches, et inspirait crainte et respect auprès de ses adversaires.
°- Test RP -°
"A nul sacrifice, nulle victoire" Archibald Witwicky, Tranformers / "To punish and enslave" Barricade, Tranformers
Il est des temps quel'on nomme "le repos du guerrier", tel était le cas en ce moment pour notre guerrière d'Arès.
Assise nonchalament dans ses appartements, la Belle avait abandonné toute tenue masculine, pour laisser place à sa féminité, elle avait beau être une redoutable guerrière, elle n'en appréciait pas moins de porter des vêtements on ne peut plus féminins lors de ces moments de repits. L'opulente chevelure ondulée était relevée en un chignon, tandis qu'une longue robe d'un blanc éclatant, élaborée selon les modèles de l'Antiquité, moulait corps et formes de façon exquise. Sirotant un verre du blanc nectar des Dieux, la Demoiselle aux pupilles de jade était tournée vers l'armure féline qui était sienne et trônait dans un coin de sa chambre. Le regard vide, perdue dans ses pensées, Cassandre était plongée dans ses souvenirs...de guerre bien entendu.
~°oO Grèce, deux années plus tôt Oo°~
Sang, peur, haine, rage, douleur, voilà ce que ressentait les guerriers qui s'affrontaient sur le champ de bataille aux abords des terres du Seigneur Alexandre. Les épées tranchaient, blessaient chairs et membres, arrachant aux blessés des cris d'intense douleurs, certains choyant à terre dans une marre formée par leur propre fluide vital. Au milieu de cette scène d'horreur, juchée sur un puissant destrier aux côtés de son père se tenait notre héroïne, dont le bras vengeur, armée d'une longue épée, s'abattait sans répit et nulle pitié sur les ennemis de sa famille. Tel l'archange Saint Michel en personne, notre Demoiselle pourfendait ses ennemis et taillait dans la masse pour permettre à son père d'échapper aux coups.
L'Amazone offrait un spectacle grâcieux et macabre, sa peau d'albâtre était parsemée de tâches rubicondes, sa longue chevelure flottait au grés de l'Eole tandis qu'elle allait parmis les siens. Mais voilà qu'un cri de haine farouche, suivi d'un puissant hennissement dans lequel s'exprimait crainte et douleur, ainsi que d'un sinistre gargouillement, fit se retourner notre Donzelle. L'image qui s'offre alors à elle la laisse quelque peu pantelante. A terre, derrière elle se trouvait ce père chéri et aimé étalé à terre, gorge tranchée. Oubliant tout ce qui n'était pas cet homme, la voilà qui démonte et s'avance telle une marionnette désarticulée en direction du cadavre, devant lequel elle se laisse tomber pour l'emprisonner aux creux de ses bras et le serrer contre elle. Ce n'est que lorsque qu'un trait de flèche vient à se nicher dans son épaule, que son corps ne se cambre sous l'effet de la douleur sans pour autant qu'un son ne s'échappe de ses lèvres, que la Belle retrouve pied avec la réalité.
Serrant les dents, la voilà qui fait fit de toute douleur et se relève, avec dans les iris émeraudes une colère et une haine infinies qui assombrissent son regard, tandis qu'une aura destructrice, à la teinte vermeille, auréole le corps fin. Poussant un cri puissant en prennant le chemin du camp ennemi, voilà que sa vision s'assombrit, ne distinguant plus ni allié ni ennemi, l'Oiselle taille en pièce tout ce qui passe à portée de main. Il est dit dans certaines légendes nordiques, que certains guerriers pouvaient être frappés de furie, ne reconnaissant plus rien autour d'eux, anihilant toute douleur: on les appelle les Berserkers.
Ce n'est que plus tard, alors qu'il ne restait que très peu de survivant, que l'Amazone reprit ses esprits. Blessée, épuisée, la voilà qui se laisse tomber à terre après avoir rompu la hampe de la flèche, toute frénésie disparue. Un voile opaque troublait sa vue, tandis qu'il lui semblait entendre des pas approcher, puis des mains puissantes la soulevaient avec délicatesse, tandis que la tête de la Demoiselle se nichait contre l'épaule forte et musclée de l'homme, duquel émanait force et puissance, alors que la voix de ce dernier parvenait à ses oreilles.
"Je t'ai longtemps observé Cassandre et je te juge digne d'entrer dans mon armée de Berserkers et d'en être l'un des commandants."
Ainsi se passa la rencontre entre Arès, Dieu de la Guerre et Cassandre, qui devient l'un des plus fidèles guerriers du Seigneur Sombre, et le plus prompte à vouloir risquer sa vie pour lui, mais celà, est une autre histoire.


